Papys cyclos : la légende continue, même sans Strava
Ce sont les guerriers du bitume, qui à 75 ans, te font vomir ton Nesquik en descendant une dent sur leur Pinarello 1997.
Leur vélo a vu plus de kilomètres que ton puretech HDI. Affublés d’un maillot de la Once qui sent encore l’après-midi de course dans les années 80 et les glaviots des copains. Le regard est aussi dur que le mollet est aiguisé. Papi cyclo sait que dans 4h, il sera en train de jardiner pendant que tu comateras sur ton canapé.
Ils t’expliquent des anecdotes sur le tour de France, quand des types à moustaches faisaient fondre les Alpes. Soudain, un regard furtif dans le rétro, une relance à 35 de moyenne, game over. Gérard est pas là pour prendre soin de ton égo. T’as l’orgueil qui fond comme le ventoux un 15 août.
La route, ils la connaissent « Tourne à gauche, prends la roue, roule pas dans les graviers »… Pas de GPS, le papi cyclo connaît toutes les routes, même les petits chemins de boue.
Alors, quand tu crois que tu vas revenir… la claque, la fringale qui douchera tous tes espoirs. Tu comprends alors, avec ton souffle de bulldog et tes jambes en carton, que ton vélo à 10 plaques n’y pourra rien.
Non, l’important c’est d’avoir été là, d’avoir côtoyé la légende. Aller gamin, reprends une pâte de fruits.
